• Les Fleurs du Mal

    Les Fleurs du mal est un recueil de poèmes publié par Charles Baudelaire en 1857. Il constitue une des œuvres les plus importantes de la poésie moderne et exerça une influence énorme sur Arthur Rimbaud et sur Stéphane Mallarmé.

    Le titre

    Le recueil aurait dû s'appeler Les Limbes ou encore Les lesbiennes ; Baudelaire, sur le conseil d'un ami, y renonce. Le titre définitif repose sur le paradoxe que Charles Baudelaire a tenu à entretenir durant toute sa vie littéraire. En effet, l'auteur considère la Nature comme étant, par définition, laide ; il considère la beauté comme artificielle. Certes la beauté n'est point le fruit de la nature, en cela le paradoxe est juste, mais il convient de sentir que la naissance, l'éclosion de la beauté proviennent du terreau sur lequel elle pousse : le « mal ». Une Charogne, par exemple, nourrit la terre et la rend fertile, elle nourrit les vautours et la vie, la mort est le voyage pour la vie. Sans la considération du mal et son étendue qui est l'anéantissement des sens, la recherche sensible n'a lieu d'être, c'est le paradoxe encore, naturel au possible, c'est l'effet de la cause ; la psychologie dans l'art et ses mécanismes tragiques empruntés à la science meuvent l'extraordinaire, une trame où correspondent des instruments de torture si bien agencés qu'ils amusent l'œil de la victime. La fleur est cet objet, une perfection du hasard, une forme plus artificielle que les inventions les plus folles, on la contemple parce qu'elle est bizarre, parce que rien n'y dépend du prévu et tout s'y assemble à merveille, on a beau avoir vu bien des roses, on s'étonne à coup sûr d'en voir une nouvelle, pas de rappel en mémoire, pas de « madeleine », seulement l'impression de « première fois » ; on note d'ailleurs que les poèmes de ce maigre recueil dans l'œuvre maigre de Baudelaire résonnent à chaque lecture du ton de l'inconnu, les saurait-on par cœur.

    Les conditions de la publication

    Le 1er juin 1855, La Revue des Deux Mondes publie sous le titre des Fleurs du mal, dix-huit poèmes de Baudelaire.Il y intègre la quasi-totalité de sa production poétique depuis 1840.Baudelaire remet à l'éditeur Auguste Poulet-Malassis le manuscrit le 4 février 1857. Le 20 avril, la Revue française publie neuf poèmes. Le premier tirage est effectué à 1 300 exemplaires, et mis en vente le 23 juin. Le Moniteur publie le 14 juillet un article élogieux d'Édouard Thierry.Ces fleurs maladives seront dédiées au poète Théophile Gautier, sacré « parfait magicien des lettres françaises » et « poète impeccable ».

    Le procès

    Le 5 juillet 1857, un article du Figaro de G. Bourdin critique « l'immoralité » des Fleurs du mal. Le 7 juillet, la direction de la Sûreté publique (ministère de l'Intérieur) saisit le parquet du délit d'« outrage à la morale publique » et pour « outrage à la morale religieuse ». Cette dernière accusation est finalement abandonnée. Le 20 août, le procureur Ernest Pinard, qui avait également requis contre Madame Bovary, prononce un réquisitoire devant la 6e Chambre correctionnelle. Le 21 août, Baudelaire et ses éditeurs sont condamnés respectivement à 300 et 100 francs d'amende, ainsi que la suppression de six pièces, pour délit d'outrage à la morale publique. Le 30 août, Victor Hugo écrit à Baudelaire « Vos Fleurs du mal rayonnent et éblouissent comme des étoiles », et pour le féliciter d'avoir été condamné par la justice de Napoléon III. En 1859, Victor Hugo écrira que l'ouvrage apporte « un frisson nouveau » à la littérature. Le 6 novembre, Baudelaire écrit à l'impératrice pour demander une réduction de l'amende qui est réduite à 50 francs par le garde des Sceaux.Poulet-Malassis, réfugié en Belgique après une condamnation de 3 mois de prison, publie en février 1866 sous le titre Les Épaves vingt-trois poèmes de Baudelaire, dont les six pièces condamnées. L'éditeur sera condamné le 6 mai 1868 par le tribunal correctionnel de Lille pour cette publication.L'édition suivante de 1861 enlève les pièces interdites et rajoute 30 nouvelles œuvres. L'édition définitive et posthume de 1868 comprendra finalement 151 poèmes, mais ne reprend pas les poèmes interdits ; ceux-ci seront publiés, ainsi que ceux du recueil Épaves, à Bruxelles en 1869 dans un Complément aux Fleurs du mal de Charles Baudelaire.Charles Baudelaire et ses éditeurs ont été réhabilités par la Cour de Cassation le 31 mai 1949.

    Structure

    Le poète divise son recueil en six parties : Spleen et idéal, Tableaux parisiens, Le Vin, Fleurs du mal, Révolte et La Mort. Cette construction reflète son cheminement, sa quête : spleen et idéal, tout d'abord, constitue une forme d'exposition ; c'est le constat du monde réel tel que le perçoit l'écrivain. Les 3 sections suivantes en procèdent, dans la mesure où elles sont des tentatives de réponse au spleen, d'atteinte de l'idéal. Baudelaire s'aventure à cette fin dans les drogues (Le Vin) puis tente de se noyer dans la foule anonyme de Paris pour y dénicher une forme de beauté (Tableaux parisiens) avant de se tourner vers le sexe et les plaisirs physiques (Fleurs du Mal). Après ce triple échec vient la révolte contre l'absurdité de l'existence (Révolte) qui, elle aussi s'avérant vaine, se solde par La Mort.

    Les Correspondances

    Baudelaire tout au long de son œuvre joue sur les correspondances verticales et horizontales (ou synesthésies Baudelairiennes) qui inspirent par la suite de nombreux poètes. Toute son œuvre est construite sur un cheminement moral, spirituel et physique.

    La femme

    Le thème de la femme traverse toutes les Fleurs du Mal. La femme se fait tout à la fois être sensuel, envoûtant mais aussi être inaccessible.


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